Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: nature

Walden, ou comment (ne pas) résumer l’inrésumable.

Cela faisait de longs mois que je voulais m’atteler à cet ouvrage massif, non par le nombre de pages, mais par ce qu’il implique par sa densité et par son impact sur la littérature américaine et en particulier sur le nature-writing. Walden, or Life in the Woods (1854) est un incontournable du genre. Lire la suite

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Letters from an American Farmer

Letters from an American Farmer (1783) est une série de douze lettres de John Hector Saint John De Crèvecoeur, le fils d’un émigré français de la moitié du 18e siècle. Il raconte à travers ses lettres adressées à un pasteur d’Oxford sa vie de fermier. La première lettre sert d’introduction et présente l’auteur de ces lettres. Le style se veut simple et franc, ces lettres sont plus à prendre comme des témoignages de la vie sur le nouveau continent. Néanmoins, les descriptions sont vivantes, le ton est enjoué rendant le tout très agréable à lire. Ce livre est précieux à plus d’un titre, d’une part, il est l’un des premiers compte-rendu de la vie rurale à cette époque, et surtout les thèmes abordés et la manière dont l’auteur les aborde se retrouveront des siècles plus tard chez Aldo Leopold, Henry Thoreau, John Muir, etc et les partisans de la conservation et préservation de Lire la suite

Quand nature rime avec poésie

Le second texte de Gary Snyder que je vais présenter ici même, dans le cadre de notre série sur Gary Snyder, est « Poetry and the Primitive, Notes on Poetry as an Ecological Survival Technique » publié dans le recueil Earth House Hold (1969). Le titre peut paraître assez prétentieux, surtout que le texte en question est relativement court (une petite dizaine de pages). Cependant, l’auteur n’a pas pour vocation d’analyser en détail les rapports existants entre ce qu’il appelle « primitive peoples » (les peuples premiers) et la poésie. C’est avant tout un regard qu’il pose sur notre (en tant qu’occidentaux) conception de l’environnement et met en parallèle notre monde et celui des indiens, des aborigènes, etc. En lisant son essai, on est rapidement frappé par la diversité des cultures auxquelles Snyder fait référence : Inde, Nigéria, Amérique, etc. Lire la suite

Avenir à venir 11

Le prochain article sera consacré à « Poetry and the Primitive » de Gary Snyder, extrait de Earth House Hold (1969). Dans cet essai, Gary Snyder s’intéresse à la perception de l’environnement et aux sens dans les peuples premiers. Leur rapport au temps (étant ancrés dans le présent, ces peuples n’ont pas nécessairement la même perception du futur et du passé que les occidentaux) s’inscrit dans une représentation des sens et de la nature de manière bien différente de la notre.

Il s’agit donc d’un regard très intéressant et critique sur « notre » façon de concevoir le monde et aussi sur « notre » tendance à penser que tout le monde conçoit l’espace et le temps selon « nos » principes. Autant le dire tout de suite, ce fut une lecture passionnante !

Kitkitdizze, un monde à part (?)

Nous avions déjà parlé de Gary Snyder à l’occasion de la présentation de son poème engagé Mother Earth, Her Waves. Aujourd’hui, nous allons un peu plus loin dans la présentation du travail de cet auteur et poète en consacrant une série d’articles et présentations de ses textes de prose, essentiellement. Pour commencer, je proposerai un regard sur Kitkitdizze: a Node in the Net. Kitkitdizze est un texte très court (moins de 15 pages) qui parle de la relation de la communauté dont fait partie Gary Snyder à l’endroit où ils habitent, à savoir la Sierra californienne. L’auteur explique comment, alors qu’il était encore étudiant, il fit l’acquisition Lire la suite

Entre culture et nature, littérature et anthropisme

En littérature il est plus souvent question de culture que de nature, même quand cette littérature tend à parler essentiellement de la nature. Mais avant toute chose, il faut être particulièrement clair sur ce que l’on entend par « nature » et par « culture ». Pour commencer, on peut dire que ce sont deux notions qui sont généralement opposées. Je pense cependant qu’il ne faut pas se contenter de les opposer, que leur relation va bien plus loin. D’ailleurs, par quoi passe cette relation ? Lire la suite

Le paradis de certains peut être l’enfer des autres.

Voici une autre nouvelle de Rick Bass, Days of Heaven (Des journées paradisiaques) tirée du recueil In the Loyal Mountains (1996). L’histoire se passe dans la vallée du Yaak, le narrateur (dont on ne connait pas le nom) vit à l’année dans une maison qu’il doit entretenir quand le propriétaire n’est pas là. Il coule des jours heureux dans les bois, suivant tranquillement le rythme des saisons et s’assurant que la plomberie ne gèle pas les jours de grand froid. Or, un changement de propriétaire arrive. Lire la suite

Nature de Emerson, le langage

Le quatrième chapitre de Nature de R. W. Emerson traite de la relation que le langage et la pensée humaine entretiennent avec la nature et ses « objets » ou « faits ». L’auteur divise sa démonstration (qui s’inspire fortement de Spinoza) en trois parties : Lire la suite

Ralph Waldo Emerson

Ralph Waldo Emerson (1803-1882) est un des fondateurs du mouvement Transcendantaliste américain. Il participe aussi au journal Dial qui diffuse les idées de ce mouvement. Il publie Nature en 1836 qui marque aussi la naissance de ce mouvement. Il est l’auteur de nombreux essais sur la nature humaine, dans lesquels il exprime sa vision du monde comme une transcendance. Il prône un retour à la nature pour que l’homme se rapproche de Dieu et s’élève spirituellement. S’il n’a pas lui même mis en pratique ses pensées, son disciple Henry D. Thoreau s’est isolé pendant deux années au bord du lac de Walden pour montrer à la société de l’époque qu’il était possible de vivre simplement et s’en satisfaire.

Emerson n’était pas qu’un homme de lettres, il était aussi pasteur. Il développa aussi le concept de « self-reliance » (compter sur soi) et de « over-soul » (âme supérieure) dans ses différents essais. Il s’essaya à la poésie mais sans grand succès. Il a influencé toute une époque et encore aujourd’hui on peut sentir son influence chez de nombreux auteurs.

Danse avec le monde

Petite pause dans la série consacrée à Nature qui reprendra dès la semaine prochaine. Aujourd’hui, je vous présente un autre livre d’Annie Dillard (j’avais ouvert ce blog avec son merveilleux Pilgrim at Tinker Creek) : Teaching a Stone to Talk (1982) ou en français : Apprendre à parler à une pierre. Ce livre est un recueil de rencontres et de voyages, d’histoires, de perceptions et d’impressions d’un monde qui tournoie à 68,400 Lire la suite