Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: Henry David Thoreau

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

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The Ponds de Walden

Voici donc la seconde partie consacrée à Walden de Henry David Thoreau où je vais m’intéresser à son aspect plus littéraire après avoir tenté de présenter l’œuvre dans son intégralité. Pour se faire, je ne vais pas prendre l’œuvre dans son ensemble mais je vais me pencher sur un chapitre central, de part sa position dans le livre mais surtout de part la richesse qu’il offre. Il s’agit du chapitre 9 intitulé « The Ponds » ou en français les étangs.

Bien que Thoreau parle des étangs autour de sa cabine, c’est évidemment celui de Walden qui est au cœur du chapitre et qui occupe la majeure partie, ne laissant finalement que 3 pages sur 18 pages à deux autres étangs. Lire la suite

Avenir à venir 13

Après Walden de Thoreau, ce sera un autre de ses textes, mais bien plus court, bien que tout aussi dense : Walking (1862) ou en français : De la marche.
Sera bientôt publié une approche critique d’un chapitre de Walden et d’ici quelques jours l’impact de Walden sur le nature writing.

Des lectures fascinantes à n’en point douter !

Walden, ou comment (ne pas) résumer l’inrésumable.

Cela faisait de longs mois que je voulais m’atteler à cet ouvrage massif, non par le nombre de pages, mais par ce qu’il implique par sa densité et par son impact sur la littérature américaine et en particulier sur le nature-writing. Walden, or Life in the Woods (1854) est un incontournable du genre. Lire la suite

Ralph Waldo Emerson

Ralph Waldo Emerson (1803-1882) est un des fondateurs du mouvement Transcendantaliste américain. Il participe aussi au journal Dial qui diffuse les idées de ce mouvement. Il publie Nature en 1836 qui marque aussi la naissance de ce mouvement. Il est l’auteur de nombreux essais sur la nature humaine, dans lesquels il exprime sa vision du monde comme une transcendance. Il prône un retour à la nature pour que l’homme se rapproche de Dieu et s’élève spirituellement. S’il n’a pas lui même mis en pratique ses pensées, son disciple Henry D. Thoreau s’est isolé pendant deux années au bord du lac de Walden pour montrer à la société de l’époque qu’il était possible de vivre simplement et s’en satisfaire.

Emerson n’était pas qu’un homme de lettres, il était aussi pasteur. Il développa aussi le concept de « self-reliance » (compter sur soi) et de « over-soul » (âme supérieure) dans ses différents essais. Il s’essaya à la poésie mais sans grand succès. Il a influencé toute une époque et encore aujourd’hui on peut sentir son influence chez de nombreux auteurs.

Avenir à venir 8

Je vais présenter au cours des semaines à venir un ouvrage clé de la fondation et de l’esprit de l’écriture de la nature. Il s’agit de Nature (1836) de Ralph Waldo Emerson. Il est l’un des pères fondateurs du mouvement Transcendantaliste dont nous avons un peu parlé avec Thoreau.

Je présenterai et proposerai un regard analytique des quatre chapitres qui constituent cet ouvrage. Comme il s’agit d’un livre relativement complexe, j’ai jugé préférable de l’aborder dans le détail plutôt que dans sa globalité.

Bien qu’il soit traduit en français, les traductions peinent à rester fidèles au texte car Emerson utilise de nombreuses métaphores bien souvent dures à rendre compte lors de la traduction. Je proposerai donc mes propres versions que j’expliquerai sur mon autre blog (ici) pour un maximum de clarté.

J’espère que cette nouvelle série saura vous intéresser et vous amènera aussi à le lire.

Bonnes lectures,

Pour une éthique de l’endroit

Nous avons vu il y a quelques semaines « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold. Aujourd’hui nous allons nous attarder sur la dernière partie issue du même livre (A Sand County Almanac (1949) ou Almanac d’un comté de sable, en français) à savoir, « The Land Ethic ». L’éthique peut être considérée de deux manières, une philosophique et une environnementale. L’éthique du point de vue philosophique est une attitude en relation à la société. En matière d’écologie il en est différemment. Pour Leopold c’est « a limitation on freedom of action in the struggle for existence » (une restriction de la liberté d’action dans la lutte pour exister). Lire la suite

Henry David Thoreau

Henry David Thoreau est né en 1817 et fait parti du mouvement créé par Ralph Waldo Emerson — qui était aussi son mentor — le Transcendantalisme (je consacrerai un temps autour de ce mouvement, mais ce sera pour plus tard). Si aujourd’hui il est plus connu et reconnu qu’Emerson c’est surtout parce qu’il a influencé de nombreux artistes (comme Jack Kerouack, John Muir, Edward Abbey, Annie Dillard, Paul Auster, &c) et mouvements comme celui des beatniks, des hippies mais aussi les mouvements féministes, végétariens, ou pour les noirs, les mouvements de protestations non violentes (Gandhi, Martin Luther King, &c).

Il était professeur dans une école, à Concord dans le Massachusetts, avant de se retirer de la société pendant deux années pour montrer à la société d’alors qu’il était possible de vivre en accord avec la nature, sans s’encombrer de trop de possessions matérielles. A l’issu de ces deux années, il publie Walden (1854). Un roman qui fit énormément de bruit et qui en fait toujours aujourd’hui par la portée du propos de l’auteur et aussi par la qualité de l’écriture. L’étang de Walden est aujourd’hui considéré comme un sanctuaire et est en meilleur condition qu’il ne l’était au temps de Thoreau !

Pendant la guerre qui oppose le Mexique au Etats-Unis, il refuse de payer une taxe et se retrouve emprisonné. C’est sa tante qui paye sa caution pour qu’il puisse sortir, mais il n’en reste pas là et il écrit un pamphlet contre l’Etat qui emprisonne les justes au nom d’une guerre qui n’a pas lieu d’être dans Civil Disobedience ou en français La désobéissance civile.

Dans de nombreux autres essais, Thoreau milite et se positionne pour l’abolition de l’esclavage et pour l’instauration d’une vraie démocratie ou l’homme est libre de choisir sa vie et ses idées. Il décède en 1862, à l’âge de 45 ans.

Désobéissons civilement !

S’il y a bien un texte qui se devait de figurer dans cette série sur les relations entre écolittérature et littérature engagée, c’est le pamphlet de Henry David Thoreau Civil Disobedience ou en français La désobéissance civile (1849). Un texte court qui influença entres autres Martin Luther King et Gandhi et indirectement les mouvements de protestations pacifiques.

L’origine de ce texte reflète en lui même tout le personnage qu’est Henry D. Thoreau. En refusant de payer une taxe pour financer la guerre contre le Mexique (1846-1848) Thoreau est mis en prison et c’est sa tante qui va payer sa caution ! Civil Disobedience se positionne contre toute forme d’autorité, contre l’esclavage, les guerres, l’anarchie, les restrictions de libertés, &c. Lire la suite

Avenir à venir 2

La série sur les relations entre Nature Writing et littérature engagée se fera sur plusieurs semaines. Je commencerai donc avec « Nature Consumers » de Wendell Berry (prévu pour demain dimanche), puis suivra « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold tiré de A Sand County Almanac (Almanach d’un comté de sable) publié en 1949. Dans le cadre de cette série, je reviendrai aussi sur Silent Spring de Rachel Carson en analysant un peu plus en détail deux chapitres pour les mettre en rapport avec ceux de Berry et de Leopold.

Dans un deuxième temps, je passerai à une frange plus « jusqu’au boutiste », qui va au-delà du simple engagement, avec The Monkey-Wrench Gang (1975) d’Edward Abbey, un texte de Henry D. Thoreau et d’un autre auteur — mais mon choix n’est pas encore arrêté. Il y a déjà de quoi tenir quelques semaines avec ce programme passionnant !

La superposition de ces différents textes (qui ne viennent pas tous de la même époque, qui n’ont pas été écrits dans les mêmes conditions ou dans la même optique) n’est évidemment pas anodine : des structures et des éléments de langage se retrouvent dans ces différents textes.