Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

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John Haines, ce solitaire du grand nord

Voici un autre livre des éditions Gallmeister, et je les remercie chaudement pour cette lecture qui s’est révélée exaltante et rafraîchissante, c’est le moins que l’on puisse dire ! John Haines a écrit en 1989 Vingt-cinq ans de solitude (traduit par Camille Fort) ou The Stars, the Snow, the Fire en anglais, relatant son expérience dans l’Alaska depuis son arrivée en 1947. Il s’agit d’une œuvre de non-fiction qui se passe au cœur de cette région septentrionale, près de Richardson. L’auteur dresse une succession de tableaux sur sa vie en solitaire dans les bois et montagnes de l’Alaska, où il vit de chasse, pêche, de son potager et de quelques conserves. Comme dans la plupart des livres de Lire la suite

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

Tout n’est pas que Nature

Tout d’abord, je tiens à remercier Marlène des éditions Albin Michel pour m’avoir fait parvenir ce livre qui bien que n’appartenant pas au genre nature writing demeure une agréable lecture. La quatrième de couverture laissait pourtant envisager un roman proche de ce genre littéraire : « Habité par la présence entêtante des paysages du Montana dont Kevin Canty a fait son territoire littéraire, … » Comme quoi, on ne comprend que ce que l’on veut bien comprendre ! Il faudra donc lire les autres livres de l’auteur pour en avoir une meilleure idée. Après avoir présenté Toutes les choses  de la vie, je m’attacherai à mettre le doigt sur ce qui fait un livre de nature writing.

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Edward Abbey, increvable !

koyaanisqatsiVoici un de mes auteurs préférés du Grand Ouest américain : Edward Abbey, bien que je n’ai présenté que peu de ses livres sur ce blog (The Monkey-Wrench Gang (1975) et Confessions of a Barbarian (1990)). Edward Abbey est célèbre dans le milieu du nature writing pour ses frasques et sa verve, son côté polémiste. Cependant, on oublie parfois trop facilement qu’il écrivait avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, ne considérant pas tout ce qu’il disait et écrivait comme sérieux. Ceci ne l’a pas empêché d’écrire de nombreux essais pourtant sérieux que l’on peut trouver dans The Journey Home (1971) ou dans le livre qui nous intéresse aujourd’hui : One Life at a Time Please, publié en 1978. Lire la suite

Un lieu pour soi ?

ImageC’est en lisant une revue spécialisée (ISLE de l’hiver 2012) dans le nature writing que j’ai découvert cette courte nouvelle de Jeff Fearnside : « Place as Self » ou en français : « l’espace comme personne » (si vous trouvez un équivalent en français plus approprié, n’hésitez pas à le donner dans les commentaires). L’ISLE (Interdisciplinary Studies in Literature and the Environment — Etudes interdisciplinaires de littérature et environnement), le pendant de papier de l’association ASLE (Association for the Study of Literature and the Environment — Association pour l’étude de la littérature et de l’environnement) créée au début des années 1990. Déjà, la couverture (image à droite) est évocatrice : un pin à cônes épineux, espèce endémique des Montagnes Rocheuses — bristlecone pine en anglais. Ce pin est surtout connu pour sa longévité, certains spécimens sont vieux de plus de 5000 ans ! Ce pin est un arbr Lire la suite

Le coeur est l’âme d’un pays

Même si cela va faire bientôt un an que je n’ai rien posté sur ce blog, faute de temps et de motivation, ce n’est pas pour autant que je n’ai pas mis de côté mes lectures sur le nature writing, que ce soit d’œuvres de littérature ou critiques. Après tout, l’écocritique (ecocriticism ou green studies) ne se limite pas au nature writing américain, et interroge aussi sur les relations entre homme et nature au niveau de la société, de l’histoire, des médias, etc. L’écocritique telle qu’elle est définie par ses instigateurs n’est qu’un biais par lequel on regarde et questionne le monde, au même titre que le féminisme, le marxisme et la psychanalyse et le post-structuralisme.  Ce n’est qu’un cadre qui va permettre la structuration et la problématisation d’un regard porté sur le monde et sur l’art, et ainsi positionner le regard critique sur un angle neuf, ou tout au moins différent — ce qui ne fait pas de mal ! Lire la suite

The Ponds de Walden

Voici donc la seconde partie consacrée à Walden de Henry David Thoreau où je vais m’intéresser à son aspect plus littéraire après avoir tenté de présenter l’œuvre dans son intégralité. Pour se faire, je ne vais pas prendre l’œuvre dans son ensemble mais je vais me pencher sur un chapitre central, de part sa position dans le livre mais surtout de part la richesse qu’il offre. Il s’agit du chapitre 9 intitulé « The Ponds » ou en français les étangs.

Bien que Thoreau parle des étangs autour de sa cabine, c’est évidemment celui de Walden qui est au cœur du chapitre et qui occupe la majeure partie, ne laissant finalement que 3 pages sur 18 pages à deux autres étangs. Lire la suite

Avenir à venir 13

Après Walden de Thoreau, ce sera un autre de ses textes, mais bien plus court, bien que tout aussi dense : Walking (1862) ou en français : De la marche.
Sera bientôt publié une approche critique d’un chapitre de Walden et d’ici quelques jours l’impact de Walden sur le nature writing.

Des lectures fascinantes à n’en point douter !

Walden, ou comment (ne pas) résumer l’inrésumable.

Cela faisait de longs mois que je voulais m’atteler à cet ouvrage massif, non par le nombre de pages, mais par ce qu’il implique par sa densité et par son impact sur la littérature américaine et en particulier sur le nature-writing. Walden, or Life in the Woods (1854) est un incontournable du genre. Lire la suite

Lettres d’un fermier américain Letter X.

Dans la lettre X, De Crèvecoeur présente à son ami anglais trois animaux : deux serpents (la vipère cuivrée ou copperhead en anglais et le serpent noir, black snake) et l’oiseau-mouche. Cette lettre est assez courte, et marque une pause dans ce recueil. Ce qui est marquant est que l’auteur ne cherche en rien à tuer ou éradiquer les serpents qu’il rencontre (rappelons qu’il vivait au tournant de la Révolution Française) et se plaint même que ses contemporains n’aient pas le même penchant pour ceux qui habitent les forêts et prairies de l’Amérique. Ainsi, il dit à propos du serpent noir : « I admire it much, and never kill it, though its formidable length and appearance often get the better of the philosophy of some people, particularly of Europeans » (Je l’admire beaucoup, et ne cherche jamais à le tuer, bien que sa taille formidable et son appar Lire la suite