Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives Mensuelles: novembre 2010

Silent Spring, Printemps silencieux

Silent Spring (1962), en voilà un livre qui a fait beaucoup de remouds dans le petit monde de la politique environnementale du début des années 1960 ! Et pour cause, avec cet ouvrage Rachel Carson est allée explorer un nouvel univers de l’écriture de la nature. Rachel Carson est une biologiste marine et elle s’est basée essentiellement sur l’eau dans cette merveilleuse étude sur les pesticides et autres poisons, que ce soit les rivières, les points d’eaux, les nappes phréatiques, &c. Lire la suite

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John Muir

John Muir est né en 1838 en Écosse, où il passe les 11 premières années de sa vie avant que ses parents ne décident d’émigrer vers les États-Unis. Sur le nouveau continent, ils s’installent dans le Wisconsin, dans une petite communauté où ils vivent de l’agriculture. John Muir et ses 8 frères et sœurs reçoivent une éducation liée à la religion et à la vie pratique de la ferme, c’est une enfance très dure qui les attend, sans éducation autre que celle de la Bible.

A l’âge de 22 ans, il part à Madison, la grande ville du Wisconsin, pour participer à une exposition d’inventions. Il se fait remarquer pour son ingéniosité et ses fabrications et intègre l’université nouvellement créée. Ayant tout à apprendre – écriture, lecture, calcul, &c –, il ne se lance que plus tard dans les études de géologie et de biologie. Pendant la guerre civil, il émigre au Canada pour ne pas avoir à se battre et travaille dans une compagnie forestière. Une fois la guerre terminée il retourne aux États-Unis et entreprend sa marche de 1 000 miles d’Indiana à la Floride en 1867, puis part en Amérique du Sud. En 1916 est publié le récit de sa marche dans A Thousand Mile Walk to the Gulf.

C’est en rentrant de Panama qu’il arrive en 1868 à San Francisco et qu’il découvre la Sierra californienne. Il tombe tout de suite amoureux de cette région. Pendant de longues années il va explorer les montagnes de Californie, puis celles du Yellowstone, de l’Alaska, l’Arctique, &c.

Il participe grandement dans la création des premiers parcs nationaux aux États-Unis avec le Yellowstone, le Yosemite, le Grand Canyon, la Vallée de la Mort, &c et ses livres ont aussi beaucoup influencé le président Theodore Roosevelt qui lui même aimait les grands espaces sauvages, en plus de séduire un large public. John Muir est aujourd’hui considéré comme le père de l’écologie aux États-Unis.

Il fonde en 1892 la Sierra Club Association et en devient le président jusqu’à sa mort en 1914. Cette association se bat pour protéger les espaces sauvages de Californie, mais devient de plus en plus importante avec le temps tant et si bien qu’aujourd’hui elle est présente partout aux États-Unis, mais aussi au Canada et au Mexique et compte plus de 600 000 membres !

Après le séisme qui secoua San Francisco en 1906, il est décidé de construire un réservoir en dehors de la ville pour qu’elle soit toujours alimentée en eau et en électricité même après une catastrophe naturelle. C’est la vallée de Hetch Hetchy qui est retenue, ce qui s’avère être une autre catastrophe pour John Muir qui la célèbre pour sa beauté et sa valeur spirituelle dans ses divers essais (The Mountains of California 1894, Our National Parks 1901, The Yosemite 1912 pour les plus connus). Il se distancie alors de son ami Gifford Pinchot (qui devint le premier président du National Forest Services créés en 1905) qui, lui, faisait passer les intérêts humains avant ceux de la Nature. C’est alors que naissent les deux principaux mouvements écologistes : celui de la préservation représenté par John Muir (qui veut protéger la nature pour sa valeur esthétique) et celui de la conservation de Pinchot (qui veut une utilisation raisonnée et respectueuse de la nature pour que les générations suivantes puissent aussi en profiter). En 1913 le problème n’est toujours pas réglé et finalement, c’est le Congrès qui tranche la question en faveur du mouvement de Pinchot avec le Racker Act. John Muir ne digère pas cette défaite et tombe malade peu de temps après la décision et meurt finalement le 24 décembre 1914. La construction du barrage ne commencera pas avant 1915.

Les autres publications de John Muir intéressantes que je peux vous conseiller pour les avoir lues sont :

My First Summer in the Sierra ou Un été dans la Sierra, 1911 ainsi que ses nombreux essais que l’on peut trouver dans Our National Parks (1901), The Yosemite (1914), The Mountains of California (1894).

Je ne tiens pas à présenter dans la globalité les recueils d’essais de John Muir mais je m’attarderai plus volontiers sur des essais en particulier.

My First Summer in the Sierra (Un été dans la Sierra)

My First Summer in the Sierra (MFSS) publié en 1911 ou Un été dans la Sierra pour la traduction française est le journal intime que John Muir a tenu lors de sa première excursion dans la Sierra californienne, en 1868, alors qu’il avait à peine trente ans. Il part en expédition dans ces montagnes et vallées avec un petit groupe de personnes pour garder des moutons, les mener vers les hauts pâturages, et les ramener à la fin de la saison dans les basses plaines. Si au début John Muir appréhende ce départ car « I judged, however, that I was in no way the right man for the place, and freely explained my shortcomings » (je jugeai,s cependant, que je n’étais certainement pas la bonne personne pour cet endroit, et présentais sincèrement mes défauts), à la fin de la saison, c’est avec un profond regret qu’il doit redescendre vers les plaines, et s’en retourner à la civilisation. Et pour cause, John Muir s’est parfaitement acclimaté à cette région, ce fut même une révélation car quelques années plus tard il se battra farouchement pour la préservation de cette vallée du Yosémite et en particulier celle de Hetch Hetchy. Lire la suite