Lettres et littérature américaines

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Archives Mensuelles: octobre 2010

Confessions of a Barbarian

Je tiens à commenter délibérément un livre moins connu que Desert Solitaire ou The Monkey-Wrench Gang d’Edward Abbey. Ce sera pour plus tard. Comme le titre de cet article l’indique, je vous parlerai de Confessions of a Barbarian. Tout d’abord, ce livre n’en est pas un, pas à proprement parler. Il s’agit plutôt d’une compilation de ses journaux intimes qu’il a tenu de 1946 à quelques jours avant sa mort le 14 mars 1989. Le résultat de son journal intime est forcément massif : une série de vingt carnets. Lire la suite

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Edward Abbey

Edward AbbeyEdward Paul Abbey est né le 29 janvier 1927 à Indiana, en Pennsylvanie. A l’âge de 17 ans, il part plein ouest, seul et à pied/auto-stop dans l’ouest américain. Il tombe amoureux de cette région aride, désolée, sublime qu’est le désert de l’Utah.

Après la seconde guerre mondiale, il fait son service militaire en Italie. Il profite de la fin de son service pour étudier (en Ecosse) et voyager en Europe : Ecosse, Angleterre, France, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Norvège, &c. Il se marie très jeune et divorce peu de temps après.

Après ses années en Europe, il retourne aux États-Unis où il fait un doctorat sur l’anarchie et la misanthropie à l’université du Nouveau Mexique. Déjà, son esprit contestataire le démarque : il se refuse à enseigner quoi que ce soit et il refuse de partager son savoir avec les autres. Les études et ses écrits demeurant pour lui une source de plaisirs et non pas de profits.

Il se lance dans l’écriture avec des débuts difficiles, alternant périodes de créations et périodes de travail pour payer le loyer. Sa première véritable œuvre sort en 1968, Desert Solitaire (Désert solitaire en français) retraçant ses deux années de ranger dans le parc national de Moab, un désert de canyons et de montagnes dans l’Utah. Edward Abbey est un fervent défenseur de la nature sauvage et se bat contre ce qu’il appelle la « syphilisation ».

Il est surtout reconnu pour son The Monkey-Wrench Gang ou traduit par Le gang de la clé à molette sorti en 1975. Cette fiction raconte les péripéties d’un groupe de quatre activistes écologistes sabotant à tour de bras et de clé à molette engins, panneaux publicitaires ou de signalisation, ponts, trains, &c. Ce livre va profondément influencer la création du mouvement Earth First!. Sa suite, Hayduke Lives!, (1990) est une œuvre posthume traduite par Le retour du gang de la clé à molette.

Edward Abbey est un personnage ambiguë qui aime jouer avec l’image qu’il donne de lui : alcoolique, misanthrope, raciste et misogyne, amoureux de musique classique, fine plume, mais ce qu’il faut surtout retenir de ces fausses-vérités est son sens poussé de l’humour et de l’auto-dérision.

Il publie de nombreux livres qui ont plus ou moins bien marché comme :

Fire on the Mountain (Le feu sur la montagne) en 1962

Beyond the Wall (Un fou ordinaire) en 1984

Black Sun en 1971

Abbey’s Road en 1979

One Life at a Time Please en 1988

Confessions of a Barbarian en 1994

Edward Abbey fut très affecté par la mort de son père car celui-ci mourut à l’hôpital, méconnaissable à cause des différents tubes et tuyaux entrant et sortant de son corps. Edward Abbey refuse de mourir ainsi et fait prêter serment à ses amis proches de l’enterrer quelque part dans le désert, peu importe les risques à encourir. On ne sait d’ailleurs toujours pas précisément où il est enterré. Edward Abbey meurt en 1989 chez lui à Tucson dans l’Arizona.

Annie Dillard

Annie Dillard est née en 1945 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Elle est élevée dans une famille presbytérienne et quitte l’église à l’âge de 16 ans à propos du passage de Job dans la Bible. A l’université, elle suit des cours d’écriture (creative writing) et de théologie. Elle marie son professeur d’écriture R. H. W. Dillard et garde son nom même après leur divorce en 1975.

Elle passe un master en littérature américaine en 1967, sur Walden de Thoreau — et plus précisément sur le chapitre « The Ponds » ou « Les étangs » en français.

En 1971, elle manque de mourir de pneumonie et comprend soudain que la vie peut s’arrêter à chaque instant. Elle décide de profiter pleinement de cette nouvelle chance et se lance dans quelque chose de grand et la dépassant. Elle passe l’année 1973 à vivre au bord d’une crique en Virginie où elle écrit un journal intime qui donnera plus tard Pilgrim at Tinker Creek (Pélerinage à Tinker Creek en français), des poèmes publiés dans Tickets For a Prayer Wheel. Avec Pilgrim at Tinker Creek elle remporte le prix Pulitzer pour la non-fiction, elle a 29 ans.

Elle poursuit une vie d’écrivain et publie de façon régulière : Holy the Firm en 1977, Teaching a Stone to Talk (Apprendre à parler à une pierre) en 1982, An American Childhood (Une enfance américaine) en 1984, The Writing Life (En vivant, en écrivant) en 1989, The Living (Les vivants) en 1992 et plus récemment, The Maytrees (L’amour des Maytree) en 2007, pour ses principaux livres.

Un premier ouvrage : Pilgrim at Tinker Creek/Pélerinage à Tinker Creek.

Pélerinage à Tinker Creek (PTC) est à l’origine le journal intime qu’Annie Dillard tenait quand elle avait 28 ans sur son année passée dans la nature à Tinker Creek, en Virginie. Il s’agit de son premier livre, qu’elle publie en 1974 — elle sort l’année précédente, un recueil de poèmes, Tickets for a Prayer Wheel (encore non traduit en français semble-t-il). Pour une première publication elle se fait remarquer ! En effet, elle se voit décerner le Prix Pulitzer cette même année 1974. Lire la suite