Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: Emerson

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

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The Ponds de Walden

Voici donc la seconde partie consacrée à Walden de Henry David Thoreau où je vais m’intéresser à son aspect plus littéraire après avoir tenté de présenter l’œuvre dans son intégralité. Pour se faire, je ne vais pas prendre l’œuvre dans son ensemble mais je vais me pencher sur un chapitre central, de part sa position dans le livre mais surtout de part la richesse qu’il offre. Il s’agit du chapitre 9 intitulé « The Ponds » ou en français les étangs.

Bien que Thoreau parle des étangs autour de sa cabine, c’est évidemment celui de Walden qui est au cœur du chapitre et qui occupe la majeure partie, ne laissant finalement que 3 pages sur 18 pages à deux autres étangs. Lire la suite

Walden, ou comment (ne pas) résumer l’inrésumable.

Cela faisait de longs mois que je voulais m’atteler à cet ouvrage massif, non par le nombre de pages, mais par ce qu’il implique par sa densité et par son impact sur la littérature américaine et en particulier sur le nature-writing. Walden, or Life in the Woods (1854) est un incontournable du genre. Lire la suite

Entre culture et nature, littérature et anthropisme

En littérature il est plus souvent question de culture que de nature, même quand cette littérature tend à parler essentiellement de la nature. Mais avant toute chose, il faut être particulièrement clair sur ce que l’on entend par « nature » et par « culture ». Pour commencer, on peut dire que ce sont deux notions qui sont généralement opposées. Je pense cependant qu’il ne faut pas se contenter de les opposer, que leur relation va bien plus loin. D’ailleurs, par quoi passe cette relation ? Lire la suite

Nature de Emerson, le langage

Le quatrième chapitre de Nature de R. W. Emerson traite de la relation que le langage et la pensée humaine entretiennent avec la nature et ses « objets » ou « faits ». L’auteur divise sa démonstration (qui s’inspire fortement de Spinoza) en trois parties : Lire la suite

Nature de Emerson, de l’art et du beau

Le troisième volet consacré à Nature d’Emerson est dédié à un nouveau chapitre abordant une nouvelle thématique de la relation de l’homme à la nature chez Emerson. Un chapitre important qui apporte un éclairage de comment la nature a influencé notre perception du Beau et la création artistique (chez Emerson, je tiens à le préciser). Le beau et sa recherche, une constance dans l’art de manière générale, et en particulier depuis la période Romantique, dans la relation à l’art dans Nature est un point particulièrement important qui permet de mieux comprendre de nombreux auteurs du Nature Writing. Lire la suite

Nature de Emerson, qu’est-ce que la commodité ?

Le second chapitre, et le second volet de cette série consacrée à Nature (1836) de Emerson, intitulé Commodité ouvre sur les différentes classes dans lesquelles les objets de la nature relativement à leur relation à l’homme tombent. Ainsi, il existe quatre classes selon Emerson : la commodité, la beauté, le langage et la discipline. Par commodité — ce qui nous intéresse présentement — il faut comprendre les avantages permis par la nature. La commodité est un chapitre très court, il ne fait pas plus de 3 pages. Lire la suite

Henry David Thoreau

Henry David Thoreau est né en 1817 et fait parti du mouvement créé par Ralph Waldo Emerson — qui était aussi son mentor — le Transcendantalisme (je consacrerai un temps autour de ce mouvement, mais ce sera pour plus tard). Si aujourd’hui il est plus connu et reconnu qu’Emerson c’est surtout parce qu’il a influencé de nombreux artistes (comme Jack Kerouack, John Muir, Edward Abbey, Annie Dillard, Paul Auster, &c) et mouvements comme celui des beatniks, des hippies mais aussi les mouvements féministes, végétariens, ou pour les noirs, les mouvements de protestations non violentes (Gandhi, Martin Luther King, &c).

Il était professeur dans une école, à Concord dans le Massachusetts, avant de se retirer de la société pendant deux années pour montrer à la société d’alors qu’il était possible de vivre en accord avec la nature, sans s’encombrer de trop de possessions matérielles. A l’issu de ces deux années, il publie Walden (1854). Un roman qui fit énormément de bruit et qui en fait toujours aujourd’hui par la portée du propos de l’auteur et aussi par la qualité de l’écriture. L’étang de Walden est aujourd’hui considéré comme un sanctuaire et est en meilleur condition qu’il ne l’était au temps de Thoreau !

Pendant la guerre qui oppose le Mexique au Etats-Unis, il refuse de payer une taxe et se retrouve emprisonné. C’est sa tante qui paye sa caution pour qu’il puisse sortir, mais il n’en reste pas là et il écrit un pamphlet contre l’Etat qui emprisonne les justes au nom d’une guerre qui n’a pas lieu d’être dans Civil Disobedience ou en français La désobéissance civile.

Dans de nombreux autres essais, Thoreau milite et se positionne pour l’abolition de l’esclavage et pour l’instauration d’une vraie démocratie ou l’homme est libre de choisir sa vie et ses idées. Il décède en 1862, à l’âge de 45 ans.