Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: Wendell Berry

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

Letters from an American Farmer

Letters from an American Farmer (1783) est une série de douze lettres de John Hector Saint John De Crèvecoeur, le fils d’un émigré français de la moitié du 18e siècle. Il raconte à travers ses lettres adressées à un pasteur d’Oxford sa vie de fermier. La première lettre sert d’introduction et présente l’auteur de ces lettres. Le style se veut simple et franc, ces lettres sont plus à prendre comme des témoignages de la vie sur le nouveau continent. Néanmoins, les descriptions sont vivantes, le ton est enjoué rendant le tout très agréable à lire. Ce livre est précieux à plus d’un titre, d’une part, il est l’un des premiers compte-rendu de la vie rurale à cette époque, et surtout les thèmes abordés et la manière dont l’auteur les aborde se retrouveront des siècles plus tard chez Aldo Leopold, Henry Thoreau, John Muir, etc et les partisans de la conservation et préservation de Lire la suite

Charité bien ordonnée…

Voici le premier essai de Wendell Berry que j’ai lu, « The Tyranny of Charity », essai qui se trouve dans The Long-Legged House (1965). L’auteur part d’une histoire, celle d’un artisan menuisier, pour critiquer l’action gouvernementale dans la lutte contre la pauvreté. Ce n’est pas tant la mobilisation de moyens et de personnes qu’il fustige mais l’inadéquation de cette aide. En effet, le menuisier ne gagne pas suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins, il reçoit donc une aide de l’Etat pour qu’il puisse se vêtir et manger. Wendell Berry explique Lire la suite

Nature de Emerson, qu’est-ce que la commodité ?

Le second chapitre, et le second volet de cette série consacrée à Nature (1836) de Emerson, intitulé Commodité ouvre sur les différentes classes dans lesquelles les objets de la nature relativement à leur relation à l’homme tombent. Ainsi, il existe quatre classes selon Emerson : la commodité, la beauté, le langage et la discipline. Par commodité — ce qui nous intéresse présentement — il faut comprendre les avantages permis par la nature. La commodité est un chapitre très court, il ne fait pas plus de 3 pages. Lire la suite

L’endroit, c’est subjectif !

Cet essai reprend un peu ce qui a été dit dans les différentes présentations, et permet à la fois d’introduire la dernière catégorie de ce blog consacré à l’écriture de la nature et de soulever un certain nombre de questions et interrogations. Je tiens néanmoins à préciser que ceci n’a rien d’académique et je ne tiens pas à ce que ça le devienne. Pour moi, la littérature et l’écriture doivent avant tout rester un plaisir et un loisir – mais ceci n’empêche pas qu’on puisse le faire sérieusement ! Lire la suite

Pour une éthique de l’endroit

Nous avons vu il y a quelques semaines « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold. Aujourd’hui nous allons nous attarder sur la dernière partie issue du même livre (A Sand County Almanac (1949) ou Almanac d’un comté de sable, en français) à savoir, « The Land Ethic ». L’éthique peut être considérée de deux manières, une philosophique et une environnementale. L’éthique du point de vue philosophique est une attitude en relation à la société. En matière d’écologie il en est différemment. Pour Leopold c’est « a limitation on freedom of action in the struggle for existence » (une restriction de la liberté d’action dans la lutte pour exister). Lire la suite

Tout un monde à déboulonner !

J’en ai parlé précédemment, et je pense que l’occasion est bien choisie pour introduire un autre roman qui a littéralement bouleversé le monde des mouvements écologistes radicaux dans leurs modes d’actions, leur existence et leurs discours. Il ne s’agit pas d’Arne Naess car il s’en inspire, ou de Dave Foreman (qui après avoir quitté Greenpeace a fondé Earth First!), mais du Monkey-Wrench Gang (1975) ou en français Le gang de la clé à molette. Contrairement aux autres ouvrages traitant des relations entre littérature engagée et écriture de la nature il ne s’agit pas ici d’un essai, d’un pamphlet, ou d’un ouvrage cherchant à éveiller les consciences. Lire la suite

Pour une nouvelle éthique environnementale.

Aldo Leopold dans son A Sand County Almanac ou Almanach d’un comté de sable (1949) a consacré toute une partie à l’éthique de l’endroit (Land Ethic) et l’essai qui nous intéresse tout particulièrement ici est « Thinking Like a Mountain ». Le texte est aussi court qu’il est puissant. Tout part d’une anecdote alors qu’Aldo Leopold et un de ses collègues garde forestier aperçoivent ce qui semble être une biche sortant de la rivière. Il s’avère que l’animal était en réalité une louve qui rejoignait sa tanière. Lire la suite

Avenir à venir 3

Bonjour,

Le prochain titre traité sur ce blog sera « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold. Un essai qui se trouve dans A Sand County Almanac, ou en français, Almanach d’un comté de sable publié en 1949.

Cet essai engagé traite de la disparition des prédateurs et plus particulièrement du loup et de ces conséquences pour l’environnement. Nous verrons aussi en quoi Aldo Leopold se retrouve dans « The Nature Consumers » de Wendell Berry vu dimanche dernier.

A dimanche,

Wendell Berry

Wendell Berry est né en 1934 dans le Kentucky. Homme de lettres, il écrit sur de très nombreux thèmes comme la microéconomie, le communautarisme, la nature ou l’éthique environnementale et l’agriculture. Il tient aussi une ferme dans le Kentucky depuis les années 1965.

Il a publié un grand nombre d’essais, de fictions et de poèmes qui tous tournent autour de la ruralité et de la vie dans de petites communautés.

Très impliqué dans de nombreuses causes pour un plus grand respect pour la terre et les humains, il milite d’abord contre la guerre du Vietnam, contre le nucléaire, contre l’extraction du charbon telle qu’elle était pratiquée dans les années d’après guerre (qu’il dénonce dans The Long-Legged House par exemple), pour une agriculture biologique et pour la conservation de la nature de manière générale.

Il met en valeur les bienfaits d’une vie simple, en accord avec son endroit.