Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: edward abbey

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

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Edward Abbey, increvable !

koyaanisqatsiVoici un de mes auteurs préférés du Grand Ouest américain : Edward Abbey, bien que je n’ai présenté que peu de ses livres sur ce blog (The Monkey-Wrench Gang (1975) et Confessions of a Barbarian (1990)). Edward Abbey est célèbre dans le milieu du nature writing pour ses frasques et sa verve, son côté polémiste. Cependant, on oublie parfois trop facilement qu’il écrivait avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, ne considérant pas tout ce qu’il disait et écrivait comme sérieux. Ceci ne l’a pas empêché d’écrire de nombreux essais pourtant sérieux que l’on peut trouver dans The Journey Home (1971) ou dans le livre qui nous intéresse aujourd’hui : One Life at a Time Please, publié en 1978. Lire la suite

« Unnatural Writing » de Gary Snyder, qu’est-ce que le Nature Writing ?

« Unnatural Writing », publié dans A Place in Space (1995), était à l’origine un discours de Gary Snyder lors de la première d’une série de conférences sur le Nature Writing appelée « Art of the Wild » en 1992. Dans cet essai, le poète s’ingénie à donner une définition de ce genre littéraire (identifié seulement quelques années plus tôt), dans la relation que l’écrivain tisse avec un habitat sauvage. Je pense que tout amateur du genre se devrait de lire « Unnatural Writing » (ainsi que The Practice of the Wild, 1990, toujours du même aute Lire la suite

Tout un monde à déboulonner !

J’en ai parlé précédemment, et je pense que l’occasion est bien choisie pour introduire un autre roman qui a littéralement bouleversé le monde des mouvements écologistes radicaux dans leurs modes d’actions, leur existence et leurs discours. Il ne s’agit pas d’Arne Naess car il s’en inspire, ou de Dave Foreman (qui après avoir quitté Greenpeace a fondé Earth First!), mais du Monkey-Wrench Gang (1975) ou en français Le gang de la clé à molette. Contrairement aux autres ouvrages traitant des relations entre littérature engagée et écriture de la nature il ne s’agit pas ici d’un essai, d’un pamphlet, ou d’un ouvrage cherchant à éveiller les consciences. Lire la suite

Avenir à venir 4

J’ai pris un peu de retard la semaine dernière et je ne pourrai pas publier un article sans doute avant la fin de semaine… Cela m’ennuie un peu car je garde un certain rythme depuis quelques semaines et vous êtes de plus en plus nombreux à passer par là — ce qui me fait plaisir.

Je ferai une petite pause dans la série sur la littérature engagée dans la cause environnementale pour présenter un livre poignant sur le désert du Nouveau Mexique : The Land of Little Rain (1903) de Mary Hunter Austin (1868-1934). Elle n’est malheureusement pas traduite en France — mais je travaille (lentement) sur sa traduction.

Si les paysages se rapprochent un peu de ce que décrit Edward Abbey, l’écriture est complètement différente bien que l’on y trouve aussi une grande dureté. Il ne fait nul doute que l’environnement influence profondément l’écriture !

En attendant, je vous souhaite de bonnes lectures,

Avenir à venir 2

La série sur les relations entre Nature Writing et littérature engagée se fera sur plusieurs semaines. Je commencerai donc avec « Nature Consumers » de Wendell Berry (prévu pour demain dimanche), puis suivra « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold tiré de A Sand County Almanac (Almanach d’un comté de sable) publié en 1949. Dans le cadre de cette série, je reviendrai aussi sur Silent Spring de Rachel Carson en analysant un peu plus en détail deux chapitres pour les mettre en rapport avec ceux de Berry et de Leopold.

Dans un deuxième temps, je passerai à une frange plus « jusqu’au boutiste », qui va au-delà du simple engagement, avec The Monkey-Wrench Gang (1975) d’Edward Abbey, un texte de Henry D. Thoreau et d’un autre auteur — mais mon choix n’est pas encore arrêté. Il y a déjà de quoi tenir quelques semaines avec ce programme passionnant !

La superposition de ces différents textes (qui ne viennent pas tous de la même époque, qui n’ont pas été écrits dans les mêmes conditions ou dans la même optique) n’est évidemment pas anodine : des structures et des éléments de langage se retrouvent dans ces différents textes.

Confessions of a Barbarian

Je tiens à commenter délibérément un livre moins connu que Desert Solitaire ou The Monkey-Wrench Gang d’Edward Abbey. Ce sera pour plus tard. Comme le titre de cet article l’indique, je vous parlerai de Confessions of a Barbarian. Tout d’abord, ce livre n’en est pas un, pas à proprement parler. Il s’agit plutôt d’une compilation de ses journaux intimes qu’il a tenu de 1946 à quelques jours avant sa mort le 14 mars 1989. Le résultat de son journal intime est forcément massif : une série de vingt carnets. Lire la suite

Edward Abbey

Edward AbbeyEdward Paul Abbey est né le 29 janvier 1927 à Indiana, en Pennsylvanie. A l’âge de 17 ans, il part plein ouest, seul et à pied/auto-stop dans l’ouest américain. Il tombe amoureux de cette région aride, désolée, sublime qu’est le désert de l’Utah.

Après la seconde guerre mondiale, il fait son service militaire en Italie. Il profite de la fin de son service pour étudier (en Ecosse) et voyager en Europe : Ecosse, Angleterre, France, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Norvège, &c. Il se marie très jeune et divorce peu de temps après.

Après ses années en Europe, il retourne aux États-Unis où il fait un doctorat sur l’anarchie et la misanthropie à l’université du Nouveau Mexique. Déjà, son esprit contestataire le démarque : il se refuse à enseigner quoi que ce soit et il refuse de partager son savoir avec les autres. Les études et ses écrits demeurant pour lui une source de plaisirs et non pas de profits.

Il se lance dans l’écriture avec des débuts difficiles, alternant périodes de créations et périodes de travail pour payer le loyer. Sa première véritable œuvre sort en 1968, Desert Solitaire (Désert solitaire en français) retraçant ses deux années de ranger dans le parc national de Moab, un désert de canyons et de montagnes dans l’Utah. Edward Abbey est un fervent défenseur de la nature sauvage et se bat contre ce qu’il appelle la « syphilisation ».

Il est surtout reconnu pour son The Monkey-Wrench Gang ou traduit par Le gang de la clé à molette sorti en 1975. Cette fiction raconte les péripéties d’un groupe de quatre activistes écologistes sabotant à tour de bras et de clé à molette engins, panneaux publicitaires ou de signalisation, ponts, trains, &c. Ce livre va profondément influencer la création du mouvement Earth First!. Sa suite, Hayduke Lives!, (1990) est une œuvre posthume traduite par Le retour du gang de la clé à molette.

Edward Abbey est un personnage ambiguë qui aime jouer avec l’image qu’il donne de lui : alcoolique, misanthrope, raciste et misogyne, amoureux de musique classique, fine plume, mais ce qu’il faut surtout retenir de ces fausses-vérités est son sens poussé de l’humour et de l’auto-dérision.

Il publie de nombreux livres qui ont plus ou moins bien marché comme :

Fire on the Mountain (Le feu sur la montagne) en 1962

Beyond the Wall (Un fou ordinaire) en 1984

Black Sun en 1971

Abbey’s Road en 1979

One Life at a Time Please en 1988

Confessions of a Barbarian en 1994

Edward Abbey fut très affecté par la mort de son père car celui-ci mourut à l’hôpital, méconnaissable à cause des différents tubes et tuyaux entrant et sortant de son corps. Edward Abbey refuse de mourir ainsi et fait prêter serment à ses amis proches de l’enterrer quelque part dans le désert, peu importe les risques à encourir. On ne sait d’ailleurs toujours pas précisément où il est enterré. Edward Abbey meurt en 1989 chez lui à Tucson dans l’Arizona.