Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: Rachel Carson

Pour un esprit d’indépendance.

« Obey little, Resist much » (Obéissez peu, résistez beaucoup) écrivait Walt Whitman dans son court poème To the States, issu de son célèbre recueil Leaves of Grass (1855) – traduit par Feuilles d’herbe en français. Un peu moins d’un siècle après la fin de la guerre d’indépendance qui prit fin en le 4 juillet 1776, un esprit de défiance vis-à-vis du gouvernement règne toujours sur ce continent à coloniser. En effet, c’est avant tout un rejet brutal du pouvoir Britannique qui anime les Américains à se battre pour leur indépendance. Le préambule à la Déclaration d’indépendance est resté célèbre et rappel d’ailleurs à tous les Américains le devoir de se dresser contre un pouvoir injuste afin d’en instaurer un plus conforme à leurs attentes. Lire la suite

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« Unnatural Writing » de Gary Snyder, qu’est-ce que le Nature Writing ?

« Unnatural Writing », publié dans A Place in Space (1995), était à l’origine un discours de Gary Snyder lors de la première d’une série de conférences sur le Nature Writing appelée « Art of the Wild » en 1992. Dans cet essai, le poète s’ingénie à donner une définition de ce genre littéraire (identifié seulement quelques années plus tôt), dans la relation que l’écrivain tisse avec un habitat sauvage. Je pense que tout amateur du genre se devrait de lire « Unnatural Writing » (ainsi que The Practice of the Wild, 1990, toujours du même aute Lire la suite

Arne Naess

Arne Naess est un philosophe norvégien né en 1912 qui devient le plus jeune professeur de philosophie de Norvège en 1912. Son approche touche à tout le met un peu à part des autres universitaires mais cela ne l’empêche pas de formuler sa propre approche de la philosophie. En effet, il pensait que la philosophie ne devait pas rester dans les livres mais devait être mise en pratique. Il lance d’ailleurs une étude sur différents thèmes philosophiques auprès de la population pour avoir une approche plus directe de certaines notions (et plus particulièrement sur « qu’est-ce que la vérité ? »). Alpiniste chevronné, il voyage à travers l’Europe pendant ces jeunes années pour rencontrer les cercles philosophiques et élargir son approche philosophique. Il entre ainsi en contacte avec le cercle de Vienne, les stoïciens, etc.

A la fin des années 1920, il part à l’université de Californie où il donne des cours et étudie le comportementalisme, ou behaviorism en anglais. Il travaille notamment sur le comportement des rats en labyrinthe puis demande à d’autres scientifiques d’observer leur comportement pour les observer eux. Ce n’est qu’en 1927 qu’il rentre en Norvège pour devenir le plus jeune professeur de philosophie, à l’université d’Oslo.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il joue un rôle important dans la résistance et à la libération il dirige une commission sur les actes de tortures et de barbaries commis entre les Norvégiens pendant l’occupation allemande. Son approche apporte un éclairage tout autre sur le devoir de mémoire et la façon d’appréhender un traumatisme national en faisant se rencontrer les familles des victimes et leurs bourreaux. Les Nations Unis le charge aussi de donner une définition de la démocratie car tiraillées entre les positions américaines et soviétiques de l’après la Seconde Guerre Mondiale. Encore une fois, il propose une approche singulière qui va à l’encontre de toutes attentes.

Ce n’est que dans les années 1960 et 1970 qu’il va inventer le concept de « deep ecology » en s’inspirant du livre de Rachel Carson Silent Spring (traduit en français par Printemps silencieux) publié en 1962. Toujours dans un souci de mettre en pratique la théorie, il met en avant aussi la nécessité de l’activisme pour la cause environnementale.

Il meurt finalement en 2009.

Tout un monde à déboulonner !

J’en ai parlé précédemment, et je pense que l’occasion est bien choisie pour introduire un autre roman qui a littéralement bouleversé le monde des mouvements écologistes radicaux dans leurs modes d’actions, leur existence et leurs discours. Il ne s’agit pas d’Arne Naess car il s’en inspire, ou de Dave Foreman (qui après avoir quitté Greenpeace a fondé Earth First!), mais du Monkey-Wrench Gang (1975) ou en français Le gang de la clé à molette. Contrairement aux autres ouvrages traitant des relations entre littérature engagée et écriture de la nature il ne s’agit pas ici d’un essai, d’un pamphlet, ou d’un ouvrage cherchant à éveiller les consciences. Lire la suite

Avenir à venir 2

La série sur les relations entre Nature Writing et littérature engagée se fera sur plusieurs semaines. Je commencerai donc avec « Nature Consumers » de Wendell Berry (prévu pour demain dimanche), puis suivra « Thinking Like a Mountain » d’Aldo Leopold tiré de A Sand County Almanac (Almanach d’un comté de sable) publié en 1949. Dans le cadre de cette série, je reviendrai aussi sur Silent Spring de Rachel Carson en analysant un peu plus en détail deux chapitres pour les mettre en rapport avec ceux de Berry et de Leopold.

Dans un deuxième temps, je passerai à une frange plus « jusqu’au boutiste », qui va au-delà du simple engagement, avec The Monkey-Wrench Gang (1975) d’Edward Abbey, un texte de Henry D. Thoreau et d’un autre auteur — mais mon choix n’est pas encore arrêté. Il y a déjà de quoi tenir quelques semaines avec ce programme passionnant !

La superposition de ces différents textes (qui ne viennent pas tous de la même époque, qui n’ont pas été écrits dans les mêmes conditions ou dans la même optique) n’est évidemment pas anodine : des structures et des éléments de langage se retrouvent dans ces différents textes.

The Hetch Hetchy Valley

Il s’agit d’un essai clé dans la compréhension de la création des grands mouvements écologistes américains qui est publié d’abord en 1911 puis dans le recueil The Yosemite en 1914.

La vallée de Hetch Hetchy se trouvait dans le Yosémite et était célébrée par John Muir comme « a grand landscape garden, one of Nature’s rarest and most precious mountain temples » (un grand paysage jardinier, l’un des plus précieux et rares temples de la Nature). Or cette vallée est menacée. En effet, après le tremblement de terre de San Francisco de 1906, les autorités décident de construire un barrage hydraulique à l’écart de la ville pour l’alimenter en eau et électricité même en cas de catastrophe naturelle. Lire la suite

Rachel Carson

Rachel Carson (1907-1964) est avant tout une biologiste marine qui s’est ensuite tournée vers la littérature de vulgarisation scientifique engagée dans la protection des espaces aquatiques. Elle s’est fait connaître dans le monde du Nature Writing avec The Sea Around Us (1951) et son best-seller Silent Spring (1962) dénonçant, à la fois le lobby de l’industrie agroalimentaire, l’utilisation folle des pesticides — et en particulier du DDT — et l’inaction de la société sur ces questions. C’est un véritable pavé dans la mare qu’elle jette avec Silent Spring car elle ne se contente pas de  mettre à mal toute la rhétorique et la pensée sur l’usage des pesticides (ils ne sont pas dangereux, ils ne polluent pas, &c), elle met en avant des alternatives écoresponsables.

Elle décède en 1964 d’un cancer.

Silent Spring, Printemps silencieux

Silent Spring (1962), en voilà un livre qui a fait beaucoup de remouds dans le petit monde de la politique environnementale du début des années 1960 ! Et pour cause, avec cet ouvrage Rachel Carson est allée explorer un nouvel univers de l’écriture de la nature. Rachel Carson est une biologiste marine et elle s’est basée essentiellement sur l’eau dans cette merveilleuse étude sur les pesticides et autres poisons, que ce soit les rivières, les points d’eaux, les nappes phréatiques, &c. Lire la suite