Lettres et littérature américaines

Le blog nature writing

Archives de Tag: Utah

Edward Abbey, increvable !

koyaanisqatsiVoici un de mes auteurs préférés du Grand Ouest américain : Edward Abbey, bien que je n’ai présenté que peu de ses livres sur ce blog (The Monkey-Wrench Gang (1975) et Confessions of a Barbarian (1990)). Edward Abbey est célèbre dans le milieu du nature writing pour ses frasques et sa verve, son côté polémiste. Cependant, on oublie parfois trop facilement qu’il écrivait avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, ne considérant pas tout ce qu’il disait et écrivait comme sérieux. Ceci ne l’a pas empêché d’écrire de nombreux essais pourtant sérieux que l’on peut trouver dans The Journey Home (1971) ou dans le livre qui nous intéresse aujourd’hui : One Life at a Time Please, publié en 1978. Lire la suite

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Red de Terry Tempest Williams

Cela fait longtemps que je n’ai pas posté de présentation mais ces dernières semaines — mois ? — étaient pour le moins chargées. Mes lectures ont pris un peu de retard mais tout espoir n’est pas perdu ! Car voici une très brève présentation d’un ouvrage sublime : Red, Passion and Patience in the Desert (2001) de Terry Tempest Williams. J’avais déjà présenté Refuge (1991) un autre livre qui m’a profondément touché. Red est un peu différent, il traite toujours du désert et des canyons de l’Utah et de la région mais différemment. En effet, l’auteur dresse plutôt une série de tableaux sur le désert et la vie dans le désert. C’est un livre qui se veut aussi un témoignage en faveur de la protection de  cet espace et elle me fait penser un peu à Rick Bass dans l’introduction (et Lire la suite

Refuge

Une autre auteur du grand ouest américain, Terry Tempest Williams (je ne crois pas qu’elle soit traduite en français), sera la grande thématique de cette nouvelle présentation. La région qui nous intéresse aujourd’hui est celle des lacs salés de l’Utah, près de Salt Lake City. Dans Refuge, an Unnatural History of Family and Place (1991) Terry Tempest Williams raconte les liens qu’elle tisse avec sa mère, sa grand-mère, aux lacs salés, aux oiseaux qui y vivent et y migrent et à la maladie (le cancer) qui frappe les femmes de sa famille (sa mère, sa grand-mère, elle et ses tantes à cause des radiations des essais nucléaires durant les décennies d’après la Seconde Guerre mondiale). Lire la suite

Edward Abbey

Edward AbbeyEdward Paul Abbey est né le 29 janvier 1927 à Indiana, en Pennsylvanie. A l’âge de 17 ans, il part plein ouest, seul et à pied/auto-stop dans l’ouest américain. Il tombe amoureux de cette région aride, désolée, sublime qu’est le désert de l’Utah.

Après la seconde guerre mondiale, il fait son service militaire en Italie. Il profite de la fin de son service pour étudier (en Ecosse) et voyager en Europe : Ecosse, Angleterre, France, Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Norvège, &c. Il se marie très jeune et divorce peu de temps après.

Après ses années en Europe, il retourne aux États-Unis où il fait un doctorat sur l’anarchie et la misanthropie à l’université du Nouveau Mexique. Déjà, son esprit contestataire le démarque : il se refuse à enseigner quoi que ce soit et il refuse de partager son savoir avec les autres. Les études et ses écrits demeurant pour lui une source de plaisirs et non pas de profits.

Il se lance dans l’écriture avec des débuts difficiles, alternant périodes de créations et périodes de travail pour payer le loyer. Sa première véritable œuvre sort en 1968, Desert Solitaire (Désert solitaire en français) retraçant ses deux années de ranger dans le parc national de Moab, un désert de canyons et de montagnes dans l’Utah. Edward Abbey est un fervent défenseur de la nature sauvage et se bat contre ce qu’il appelle la « syphilisation ».

Il est surtout reconnu pour son The Monkey-Wrench Gang ou traduit par Le gang de la clé à molette sorti en 1975. Cette fiction raconte les péripéties d’un groupe de quatre activistes écologistes sabotant à tour de bras et de clé à molette engins, panneaux publicitaires ou de signalisation, ponts, trains, &c. Ce livre va profondément influencer la création du mouvement Earth First!. Sa suite, Hayduke Lives!, (1990) est une œuvre posthume traduite par Le retour du gang de la clé à molette.

Edward Abbey est un personnage ambiguë qui aime jouer avec l’image qu’il donne de lui : alcoolique, misanthrope, raciste et misogyne, amoureux de musique classique, fine plume, mais ce qu’il faut surtout retenir de ces fausses-vérités est son sens poussé de l’humour et de l’auto-dérision.

Il publie de nombreux livres qui ont plus ou moins bien marché comme :

Fire on the Mountain (Le feu sur la montagne) en 1962

Beyond the Wall (Un fou ordinaire) en 1984

Black Sun en 1971

Abbey’s Road en 1979

One Life at a Time Please en 1988

Confessions of a Barbarian en 1994

Edward Abbey fut très affecté par la mort de son père car celui-ci mourut à l’hôpital, méconnaissable à cause des différents tubes et tuyaux entrant et sortant de son corps. Edward Abbey refuse de mourir ainsi et fait prêter serment à ses amis proches de l’enterrer quelque part dans le désert, peu importe les risques à encourir. On ne sait d’ailleurs toujours pas précisément où il est enterré. Edward Abbey meurt en 1989 chez lui à Tucson dans l’Arizona.