Lettres et littérature américaines

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Ode aux amérindiens

Alors que j’arpentais la foire aux livres de la ville d’à côté, je suis tombé sur une perle assez rare : Native Family de Edward S. Curtis. Native Family est ce que l’on pourrait appeler un « beau livre » sur les amérindiens d’Amérique du Nord. Bien qu’il ne s’agisse que d’un petit manuel, l’intégralité compile plusieurs volumes sur plus de trente ans !

Ce Native Family est un condensé de la version intégrale, mais il n’en perd pas moins en qualité : la cinquantaine de photographies de familles et de la vie d’amérindiens de la fin du XIXe et du début du XXe est particulièrement touchante et informative. En effet, ce catalogage des tribus est toujours accompagné d’un court texte sur les modes de vie, les habits, techniques de chasses et rituels divers. Ce qui marque aussi Native Family est l’importante place laissée aux enfants. En effet, la plupart des clichés montrent des enfants et des jeunes adolescents au quotidien. Sans qu’il s’apitoie ou qu’il fasse preuve de paternalisme Curtis décrit méthodiquement et simplement ce qu’il voit, ce qu’il a vécu auprès de ces familles. Finalement c’est l’humain qui ressort.

Des grandes plaines au désert, en passant par les Rocheuses et le Grand Nord, Curtis n’a pas ménagé sa peine et a su rendre compte d’une richesse culturelle et humaine qui avait été laissée de côté voir décriée par la plupart de ses contemporains. Comme je le disais un peu plus haut, Native Family n’est pas un livre « à lire » mais à feuilleter et qui invite au voyage et au papillonnage. Au-delà de ce temps passé et figé sur la page, c’est surtout une invitation à la tolérance et à la curiosité.

Voici quelques photos tirées du livre, accompagnées du texte en anglais et de sa traduction :

Tsawatenok Girl, 1914. The winter village of Tsawatenok formerly was Okwunalis at the mouth of Kwae [Gwaï], or Kingcome river. The summer locations were along the river. They now spend the winter at Kwaustuns… on Gilford island, a former Koeksotenok settlement.

Fille Tsawatenok, 1914. En hiver, le village des Tsawatenoks était auparavant à Okwunalis, à l’embouchure de la Kwae [Gwaï], ou de la rivière Kingcome. L’été, l’emplacement du village était les berges de la rivière. Ils passent désormais l’hiver à Kwaustuns… sur l’Ile de Gilford, auparavant un campement Koeksotenok.

Woman and Child, Nunivak, 1928. Children and adults alike of the Nunivak group are healthy, as a rule, and exceptionally happy because they have been a little affected by contact with civilization.

Femme et son enfant, Nunivak, 1928. Les enfants et adultes du groupe des Nunivaks sont généralement en bonne santé et incroyablement heureux car ils n’ont été que très peu affectés par les contacts avec la civilisation.

Okuwa-Tsire (« Cloud Bird ») — San Ildefonso, 1905. San Ildefonso is near the east bank of the Rio Grande, seven miles below San Juan and eighteen northwest of Santa Fe…
The names of fifty-eight so-called clans have been recorded at San Idlefonso, of which seventeeen were still represented in 1924. These are nominally divided into two ceremonial moieties, but members of the same clan may be found in both the larger divisions. These « clans » are patrilineal and not exogamous…
The two ceremonial moieties are respectively Pà »yo-towa (summer people), or Pà »yo-gérii »-towa, and Ténu »-rii »-towa (winter [plural] people).
kuwa-Tsire (« Oiseau nuage ») — San Ildefonso, 1905. San Ildefonso est proche de la berge est du Rio Grande, à sept miles au sud de San Juan et à dix-huit au nord ouest de Santa Fe…
Cinquante-huit clans se sont enregistrés à San Ildefonso et en 1924, dix-sept y étaient encore représentés. Ceux-ci sont divisés nominalement en deux moitiés, mais les membres d’un même clan peuvent dans chacune de ces grandes divisions. Ces « clans » sont patrilinéaires et non exogames.
Les deux moitiés cérémonielles sont respectivement Pà »yo-towa (Le peuple de l’été) ou Pà »yo-gérii »-towa, et Ténu »-rii »-towa (les peuples de l’hiver).

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2 réponses à “Ode aux amérindiens

  1. Pingback: Edward S. Curtis « Lettres et littérature américaines

  2. Folfaerie 11/01/2012 à 10:46

    Ah, Curtis… incontournable quand on s’intéresse aux Amérindiens. Je possède deux volumes différents, aujourd’hui épuisés hélas, et dont je ne me séparerai pour rien au monde : les portfolios complets chez Taschen et l’ouvrage de Hans Christian Adam augmenté d’une biographie, chez le même éditeur. Je ne comprends pas pourquoi ces ouvrages ne sont pas disponibles, ce sont des documents uniques et irremplaçables. Je me posais la même question il y a peu de temps pour Von Humboldt dont je ne parviens pas à trouver les livres à un prix raisonnable ! La culture n’est pas à la portée de tous, contrairement à ce qu’on nous fait avaler dans les médias…

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